lundi 9 juillet 2007

Roman de gare

Titre pas trop dur à trouver...

Article écrit il y a quelques semaines

Partir, partir encore, partir toujours. Partir pour fuir ?

Une semaine que je prends quotidiennement le train. J’aime ce changement. L’idée que pendant au moins six semaines de cette année je ne me retrouverai pas le nez bloqué à la fenêtre de la voiture à regarder les autres défiler, à espérer de ne pas être en retard.

Mais finalement, au bout de quelques jours je remarque déjà qu’il s’agit quasiment toujours des mêmes personnes sur le quai de la gare. Peut-être parce que moi-même je le prends toujours à la même heure me direz vous.

Matinalement le train réveille en moi des sensations que je n’avais jamais ressenties auparavant.

Cette fraîcheur subtile diffusée par la clim, ces petites secousses du sol, et la vitesse qui m’emporte et me replonge dans mon sommeil. Chaque matin j’aimerai pouvoir rester assise un peu plus longtemps pour vraiment me rendormir alors que la voix annonce dans le petit haut parleur «  vous êtes arrivés en gare de Lille Flandres, la SNCF et son personnel d’accompagnement vous souhaite une bonne journée, veillez à n’avoir rien oublié à votre place avant de descendre du train ».

A partir de là, même bien avant d’ailleurs, c’est drôle d’observer les gens. Remarquez c’est de toutes façons mon occupation favorite. Mais là…Toutes ces personnes tellement pressées, qui ont peur que le train redémarre avec eux, ils se préparent 10 minutes avant que le train s’arrête, au cas où quelqu’un passerait devant eux,on ne sait jamais. Pendant ce temps je savoure les derniers instants.

Je descends les marches, le bruit de la gare m’emplis chaque jour de frissons. J’aime ce sentiment.

Hier j’ai vu des gens qui se quittaient et qui pleuraient, ça m’a mis les larmes aux yeux, j’étais tellement mal pour eux, cette fille j’avais envie de la consoler, mais je n’aurai même pas pu lui dire que ça irait mieux après, que ça passerait, c’est faux, ça fait mal, excessivement mal. Je me suis revue dans tellement de gares à dire au revoir (adieu ?)à des personnes que j’aime, essayer de faire semblant devant eux que ça va, et m’effondrer de plus belle une fois assise dans le train.

Toujours est il que la fréquentation quotidienne des gares me donne une envie folle de partir, partir loin, ne pas m’arrêter à « Templeuve - Lille », avoir l’excitation au ventre,avoir envie que le train parte vite, sortir du train et voir le sourire que vous attendiez sur le quai.

Il y a quelques p’tites étoiles de ma vie qui me manquent un peu trop, sans qui je commence réellement à avoir du mal à vivre. Je ne conçois pas de ne pas pouvoir voir quand je le veux ces personnes. C’est dur…

Dur de ne pas savoir pour certaines d’entre elles quand je pourrai voir ce sourire.

Posté par ptiteluciole à 21:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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